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La LAÏCITE ACTIVE

Pour un éveil des consciences et le vivre-ensemble

Nouveauté 2022 : formez-vous en ligne à cette démarche de vivre-ensemble innovante

Avec les actualités récentes, l’affaire Samuel Patty, la radicalisation et ces sujets, l’institution a fait le choix de réaffirmer le principe de Laïcité comme valeur fondamentale de notre République.

Or, quiconque s’intéresse à la vie psychique et l’épanouissement de l’individu se doit de mesurer les limites et les dangers de la laïcité telle que pratiquée aujourd’hui.

La Laïcité Active vient informer sur les risques de la neutralité et former le professionnel de l’éducation afin qu’ils puissent éveiller et développer le potentiel spirituel de chacun, là où la laïcité traditionnelle va jusqu’à étouffer ce dernier.

J’ai conscience qu’affirmer que la Laïcité est dangereuse peut hérisser des poils. Pourtant, il est temps de mesurer les limites de celle-ci pour faire évoluer ce principe et l’adapter aux besoins du monde de demain.

Chiffres intéressants :

Selon le rapporteur de la laïcité en France, Jean-Pierre Obin, plus de deux tiers des collégiens musulmans déclarent de nos jours préférer obéir à la loi religieuse plutôt qu’à la loi civile. (Si son étude porte essentiellement sur l’Islam, constatons que l’appartenance religieuse s’affirme davantage que l’appartenance nationale indépendamment du culte).

Après une étude statistique en 2019, 8 français sur 10 jugent que la laïcité est en danger (sondage Ifop). La Laïcité Active se veut être un moyen simple de garantir un cadre idéal au vivre-ensemble par la connaissance de soi et l’ouverture culturelle.

( Formation en Laïcité Active référencée sur Formiris (organisme de formation des enseignants du privé).

La Genèse de la Laïcité Active

Cette méthode est le fruit d’une expérimentation et d’un constat éducatif réalisé par Alexandre BAE (psychopraticien, formateur et développeur de l’orientation Intra-Personnelle et du PI/EA).

Formateur de métier et spécialiste des phénomènes identitaires, c’est durant une formation avec des jeunes en insertion que le danger de la laïcité m’est apparu.

Au cours d’un débat, un jeune d’origine musulmane m’affirme « qu’il y a de bons et de moins bons musulmans. Des personnes qui suivent le Coran et d’autres qui ne le font pas ou ne le comprennent pas » …

Ici, la laïcité qui devrait garantir la neutralité du formateur m’est apparue dangereuse pour la première fois puisque, si je ne désamorçais pas cette idée reçue de « bons » et de « mauvais croyants », le jeune serait rentré dans son milieu social avec cette croyance. (Sans doute elle-même partagé par son environnement).

Ainsi, par la neutralité, la laïcité encourage la jeunesse (et la population) à refouler ses opinions religieuses sur la scène publique pour garantir un espace neutre. Or, les croyances d’une personne se développent majoritairement au sein d’une cellule familiale qui n’a rien de « neutre ». Au contraire, notre environnement personnel tend à confirmer notre vision du monde puisque nous avons tendance à évoluer avec gens qui nous ressemblent…

Sous couvert de la laïcité, les professionnels de l’éducation n’ont donc aucune occasion d’éduquer « spirituellement » les élèves et laissent un environnement non-neutre et personnel, transmettre à un esprit « vierge » et en quête de repères, tout un tas d’idéaux. Ainsi, les croyances sont mises dans l’ombre en public et se renforcent dans la sphère privée

C’est par cette première expérience que germe l’idée d’une Laïcité Active qui permettrait d’éduquer spirituellement la jeunesse grâce à la connaissance de soi et détachée de toute influence religieuse.

Un second évènement vient confirmer ce besoin !

En 2021, alors président du Centre Information Jeunesse de Seine & Marne, j’assiste à la formation issue du plan national « valeurs de la République et Laïcité ».

Deux jours de formation pour rappeler et faire comprendre le cadre juridique censé garantir la liberté de conscience (qui est une aberration quand on comprend que la conscience est un processus et que, garantir cette liberté revient à intégrer l’extrémisme comme « normal » selon un certain « niveau de conscience »). Une formation qui tourne autour des textes juridiques et oublie l’essentiel : l’humain, la compréhension de soi et la relation que chacun entretient avec le principe spirituel et lui-même.

Après avoir mesuré les manques de cette formation et proposé d’intervenir gracieusement pour partager des outils issus de pratiques testés en milieux scolaire, ma proposition fut refusée. La raison : je n’étais pas formé par l’institution…. 

Le problème, c’est qu’une personne peut être formée au cadre juridique de la laïcité mais n’avoir aucune notion sur le fonctionnement identitaire d’une personne et la façon dont ses croyances impacts sa vision du monde.

J’ai été choqué de constater que ces formations se concentraient sur le cadre sans rien transmettre en terme de connaissance de soi.

Nous parlons de vivre-ensemble ! Et, comment comprendre et accepter autrui lorsqu’individuellement, nous ne nous comprenons pas ?

C’est ici que l’éducation spirituelle et la Laïcité Active entrent en jeu, afin d’ouvrir les frontières de nos croyances à celles des autres… Or, il semble qu’il soit impossible sur le long terme d’ouvrir ces frontières si un individu ne comprend pas son propre fonctionnement psychique et identitaire.

Pourtant, ce sont des notions qui se transmettraient en quelque semaines si les programmes éducatifs daignaient mettre « la connaissance de soi » au cœur de l’éducation.

Aujourd’hui, malgré les efforts fournit par l’éducation nationale et les acteurs éducatifs pour favoriser le vivre-ensemble, il apparait que les professionnels manquent d’outils concrets pour prévenir et éduquer la jeunesse à la tolérance et au respect des différences !

La formation « Laïcité Active » vous propose donc de découvrir des notions pour questionner, éduquer et accompagner la jeunesse vers l’acceptation, le respect, l’ouverture, la bienveillance et le vivre-ensemble.

 L’idée est de développer le potentiel spirituel de l’individu pour qu’il se comprenne au-delà de ses stéréotypes sociaux. Une pratique qui a la capacité de faire que demain soit riche de sens et d’humanité.

 Nous approchons d’une éducation spirituelle qui prend garde d’éviter les sujets d’ordre religieux pour ressembler davantage à une éducation à la connaissance de Soi et au doute.

 Nous pourrions ainsi nous rapprocher de ce que les esprits modernes connaissent sous le nom de maïeutique socratique. Soit, l’art de faire accoucher les esprits en permettant de comprendre que, ce qu’un individu croit être vrai, n’en reste pas moins qu’une croyance.

 La finalité est d’amener l’individu à remettre en question pour produire de la pensée. Car, le problème d’aujourd’hui est que, même s’ils sont minoritaires, la société médiatise fortement les actes de violence des personnes qui sont prêtent à se battre plutôt que de remettre en question leur vision du monde.

 Ainsi, la Laïcité Active doit pousser à la découverte d’autrui, autant par ses mythes et ses rites que par sa culture et l’environnement dans lequel il évolue.

Que l’on soit musulman, juif, chrétien, indouiste, taoïste, gitan, noir, arabe, chinois, européen, etc… Tous ces mots sont chargés de stéréotypes culturels et sociaux qui permettent d’avoir une opinion sur quelqu’un.

Et, nous vivrons avec cette opinion stéréotypée comme étant une évidence, jusqu’à ce que nous cherchions à découvrir qui sont réellement ces personnes au-delà de nos stéréotypes.

Derrières ces étiquettes qui définissent notre identité se cache l’universalité de l’être humain et, c’est ce que nous devons réussir à percevoir pour accepter autrui en totalité de ce qu’il est. Là est l’essence même de l’Orientation Intra-Personnelle© dont la laïcité Active tire ses outils et sa démarche.

 La Laïcité Active, c’est donc une démarche qui replace religion et spiritualité à leur juste place.  La religion tire « sa vérité » par son interprétation et son expérience du monde. La spiritualité ne vise qu’à se conquérir soi-même. On retrouve d’ailleurs cette notion dans le Djihad, autant que dans les philosophies orientales. Notons par exemple qu’il y a dans l’Islam, deux Djihad (littéralement « combat » ou « effort »). Le Djihad mineur à destination des ennemies de la religion et, le Djihad Majeur (le plus grand combat) ; celui que l’on fait contre soi (le Djihad du cœur) … Comprendre cela revient à assimiler que nous sommes face à une quête de Soi ; une quête spirituelle puisqu’intérieure. Seulement, l’histoire et la perception de chacun a la capacité d’instrumentaliser cette notion de « combat » en le tournant vers l’extérieur alors qu’il se déroule avant tout, « en soi »…

 C’est à déplorer mais, aujourd’hui, c’est l’image même d’une religion qui en pâlit par la faute de pratiquants extrémistes qui, au lieu de purifier leur cœur ont souhaités purifier le monde… Mettant le focus sur un Djihad mineur et la notion de « combat » pour imposer une idéologie, là où « le Djihad du cœur » aurait permis de renouer avec une spiritualité source de tolérance et d’acceptation.

 Ainsi,

  • Alors que la religion colle des étiquettes ; l’éducation spirituelle permet de les enlever.
  • Alors que la religion favorise un groupe d’appartenance ; la spiritualité fait tomber les barrières des groupes pour se sentir appartenir à l’humain derrière le croyant.
  • Alors que la religion donne raison à celui qui cherche à justifier sa vision du monde ; la spiritualité ouvre sur une quête de vérité qui ne finit jamais vraiment, hormis lorsque l’on se sent en paix avec soi-même (et les autres).

Le prosélytisme est quasi-impossible puisque chacun doit dépasser le cadre idéologique religieux… On s’approche davantage d’un apprentissage au vivre-ensemble, tout en nourrissant le potentiel spirituel de l’individu là où l’application d’une laïcité « neutre » provoque chez certains, un unique sentiment d’aliénation (sentiment partagé par des élèves de terminale. Nous reviendrons sur l’origine de la laïcité pour comprendre la raison de ce sentiment un peu plus loin).

Que vous soyez professionnel ou un formateur engagé pour que demain soit meilleur qu’hier, vous former à la Laïcité Active est un moyen d’agir pour un avenir collectif qui a du sens.

Retrouvez notre plaquette de formation ici : https://drive.google.com/file/d/1xbkxeVXnY569-_1tOKIAxBZoaNX8Adov/view?usp=sharing

Pour comprendre les risques la laïcité telle qu’appliquée aujourd’hui, la suite va vous exposer « le côté obscur » de notre bonne vieille laïcité…      Notez que ce qui suit est issu du livre « Laïcité Active : l’Eveil des nations ou l’effondrement des Républiques ? », sortie en Octobre 2021.

« 

Les limites de la laïcité

 

La différence entre l’Homme et l’animal s’affiche dans son besoin de penser son rapport au monde à travers les histoires qu’il se raconte et qu’il définit comme réalité. Ainsi, les mythes nous permettent autant de façonner des civilisations que de conditionner indirectement le rapport que l’on entretient avec nos prochains et notre environnement.

L’animal s’organisera autour de besoins primaires et instinctifs, alors que l’Homme y rajoutera une notion philosophique pour comprendre le sens de sa vie.

L’animal ne cherche pas de raison à son existence, il vit, tout simplement… Alors que l’Homme a besoin d’interpréter la réalité et de lui donner un sens. Et, c’est dans ce besoin de sens que la spiritualité trouve sa source et définit la norme de nos sociétés.

Grace à notre aptitude à raconter des histoires, nous transmettons un ensemble de normes et de valeurs qui conditionnent notre présent et nous projettent dans le futur pour faire évoluer le présent

De cette façon, chaque pays, chaque nation et chaque groupe indépendamment sa taille, adhère à une idéologie qui lui est propre et qui permet la cohésion et l’existence du groupe.

Nous pouvons ainsi résumer que, l’histoire de chaque pays ainsi que l’ensemble des valeurs et croyances de ses citoyens déterminent le destin de la nation.

Et, là se situe un des faits les plus intéressant de notre temps puisque, la mondialisation en arrive à faire de la richesse culturelle, un moyen de division

Alors que l’individu éprouve de plus en plus le besoin d’exister et d’être reconnu pour « qui il est », la laïcité, par sa neutralité, refoule une partie de son identité : sa dimension spirituelle.

L’Homme devient inconscient du mythe qui l’anime et ne peut que se heurter avec violence aux mythes d’une société mondialisée où la masse étouffe l’individualité

Dans cette impression de vide intérieur et d’une spiritualité désenchanté, l’Homme se sent seul et se perd sous le poids du monde extérieur. Il cherche davantage à se comprendre et à trouver du sens à sa vie…

Même si la laïcité entend offrir à chacun la liberté de croire en ce qu’il souhaite, par la mise en retrait d’une spiritualité trop souvent associée à la religion, l’individu moderne n’a quasiment aucuns repères intérieursCe qui le rend aisément manipulable à une norme extérieure.

Dans cette quête de sens, la spiritualité qui permet de « transcender » sa personnalité et, la religion étant rattaché à ce principe, il suffit donc de donner une « religion » à quelqu’un pour donner un sens à ce qu’il est

Voilà donc un des dangers de la non-éducation spirituelle : le fanatisme idéologique. Qu’il soit religieux, politique ou culturel, nous voyons les extrêmes prendre de l’importance aux quatre coins du globe car, l’aliénation dont nous parlons est provoquée par le système dans son ensemble.

Alors que nous cherchons l’idéologie qui viendra apporter un sens à notre existence et nous permettra « d’exister et d’être reconnu », l’état prône une neutralité et encourage à trouver sa place en servant un système de plus en plus remis en question. Ce qui ne peut que renforcer nos problèmes actuels… 

 » 

La Laïcité, un principe devenu religion d’état ?

 La laïcité n’est pas qu’un principe, elle est une idéologie au service du mythe institutionnel ! (Je dirais même, un outil de ralliement à la République. Il suffit d’observer le nom donné aux formations sur le sujet : « laïcité et valeurs de la République » … Pour y avoir assisté, on comprend que la finalité n’est pas d’aider une personne à s’éveiller, à se comprendre pour apprendre à « vivre ensemble » en conscience de soi mais, sert à renforcer des principes Républicains qui s’émiettent sous le poids des paradigmes émergeants).

 Les origines de la loi de 1905 l’illustrent bien puisqu’elle fait suite à une longue bataille idéologique durant la Troisième République. Une lutte menée par de véritables croyants de la religion rationaliste, comme Ferdinand Buisson ou Paul Bert, comme les instituteurs groupés dans la Ligue française de l’enseignement, mais aussi par des politiques froids et réalistes, peu soucieux de théologie, mais résolus à lutter contre l’État catholique au nom d’une conception rigide des droits supérieurs de l’État[1].

 La Troisième République s’illustre ainsi par une bataille d’idées entre un positionnement en faveur du clergé dans la vie publique (cléricalisme issue de l’influence catholique dans la société depuis des siècles) et un anticléricalisme qui s’illustre à travers diverses mesures laïques (laïcisation des hôpitaux et cimetières (1881), passage de l’instruction morale et religieuse à l’instruction morale et civique par la loi Ferry (1882), suppression des aumôneries militaires (1883), suppression des prières publiques et autorisation du divorce (1884), etc.).

La République arrive ensuite à modérer cette bataille d’idées en affirmant que la démarche de laïcisation n’est pas tant d’exclure le religieux que de le fondre dans une morale civique acceptable et acceptée par tous en conciliant l’identité sociale, le vivre-ensemble, avec la reconnaissance des droits fondamentaux et individuels de chaque être humain[2].

 Cependant, ce processus de transition du religieux vers une morale civique devient autant un principe de vivre-ensemble qu’une démarche militante pour l’indépendance de l’état. Passant d’une instruction religieuse en faveur d’une morale catholique, à une instruction publique, obligatoire et laïque en faveur de la morale Républicaine par la Loi Ferry.

 Le psychologue Tobie Nathan nous éclaire sur les origines du mot « laïc ». A l’origine, le terme « laïc » identifiait des personnes n’appartenant pas au clergé. Soit, des personnes appartenant à la communauté sans pour autant porter des responsabilités religieuses. Plus généralement, ce terme désignait « le peuple » en complémentarité aux « clercs ». Cependant, la loi de 1905 a transformé cette complémentarité en opposition puisque l’état maintenant « Laïc » en est venu à interdire l’influence du clergé dans l’institution (et, particulièrement l’éducation). Ainsi, la république a donné une connotation plus agressive au mot « laïc », qui s’est de plus en plus rapproché d’« anticlérical »[3].

 Ce qui a placé l’individu et donc, le peuple (les laïcs), dans une démarche ou il faille libérer l’institution de toutes influences religieuses… Aujourd’hui, toute personne un minimum observatrice voit que la laïcité est appelée par les politiques afin de « lutter contre l’Islamisme » et devient un outil utilisé dans des affaires médiatiques telle que le Burkini…

 L’individu laïc affirme ainsi et, sans s’en rendre compte, une lutte contre la religion pour se préserver de la violence induite par celle-ci. La loi de 1905 signe non seulement l’échec de la République mais aussi la faillite des religions[4]. C’est l’affirmation que toutes les religions n’arrivent pas à connaître suffisamment leurs Dieux pour protéger les populations de leur violence et contenir les humeurs qui se dégagent de ces figures.

 De nos jours, la mondialisation a permis à toutes les cultures de se retrouver ensemble sur la même scène. Ce qui conduit nos Dieux à se retrouver en concurrence les-uns avec les autres, jusqu’à donner l’idée d’une guerre des dieux dont notre société a tenté de se protéger, précisément par la laïcité[5]

 Les « Dieux » se retrouvent ainsi brusqués et remis en question par un ensemble d’interprétations qui entrainent autant de confrontations idéologiques que de spectacles médiatiques. On comprend de facto, tout le sens des actes terroristes religieux.

Sous prétexte de la neutralité, la laïcité ne donne pas l’impression d’un principe en faveur de la liberté de conscience mais, d’un outil de répression en faveur de la vérité institutionnelle au détriment de la vérité religieuse. Ainsi, par le sacrifice de sa vie, le jeune qui affronte l’autorité au nom de son Dieu vient renforcer l’existence de ce dernier au moyen de sa propre vie[6]. De cette façon, Tobie Nathan, dans son livre « Les âmes errantes » nous éclaire sur le phénomène de radicalisation idéologique. Je le cite :

« Le déni de notre loi est une déclaration de fidélité à une autre loi.

On peut même en tirer un aphorisme : le refus de la loi est toujours une profession de foi. »

 Nous sommes aujourd’hui face à un idéal de neutralité qui ne pas être autre chose qu’un idéal tant le monde a besoin de sens, et donc de spiritualité (qui fait partie intégrante des besoins identitaires de chacun).

D’autant plus qu’avec la « liberté d’expression », chacun peut aujourd’hui partager son idéologie sur une multitude de réseaux sociaux. Ainsi, l’institution ne souhaite pas faire de prosélytisme mais, dans une société en perte de repères et transitant vers un paradigme où l’individu entend revendiquer sa souveraineté, chacun fait la promotion de sa propre paroisse ; sa vérité ; son idéologie

 Ainsi, tant que l’institution n’éduquera pas spirituellement sa population, d’autres s’en chargeronsAvec les risques et dérives qui en découlent, comme le fait de conditionner l’individu à une pensée religieuse très lointaine de l’ouverture spirituelle. C’est la porte ouverte aux dérives et les gouvernements s’étonnent du phénomène de radicalisation alors qu’il traduit une réelle détresse intérieur et le vide spirituel de toute une tranche de la population

 

 

La Laïcité Active au service de la société de demain

 

Parce que la société est composée de l’ensemble de nos individualités, les problèmes sociétaux mettent en lumière nos mal-être internes.

 De cette façon, si l’humanité représentait une entité à part entière, j’aime à dire que notre période serait similaire à une crise d’adolescence. Un temps où l’on se questionne sur le sens de nos vies et où l’on remet en question la norme véhiculée par nos anciens. Cela, afin de nous diriger vers l’avenir que l’on imagine et nous séparer des contraintes qui ne nous ressemblent pas (ou plus).

Ainsi, par cette crise d’identité et de sens, chaque pays peut suivre le même scénario que celui vécu par un jeune adolescent. Soit, se refermer sur lui et affirmer avec force son identité. Soit, s’ouvrir sur le monde pour trouver sa place tout en se questionnant sur la nature de sa personnalité. La société étant complexe, nous voyons que l’actualité est un mélange de ces deux scénarios.

 Une partie de la population semble s’engager dans une quête de sens et se considérer davantage comme un « citoyen du monde ». L’autre et, celle qui reste la plus médiatisée tant elle fait du bruit, semble tenir de plus en plus fort à ses marqueurs identitaires. Des « étiquettes » qui favorisent la montée même du communautarisme par un besoin de réaffirmer qui l’on est, si ce n’est, « trouver qui l’on est » … Il suffit d’observer à quel point la jeune génération revendique davantage les attributs qui lui permettent d’avoir une idée de qui elle est : ses étiquettes sociales, son statut, sa religion, ses convictions, etc… 

 La société entre donc en crise et l’individu se perd lui-même sous un flux d’informations aussi spectaculaires qu’éphémères qui ne cesse de renouveler sa vision du monde.

Tout en vient à nous rappeler que le monde est malade parce que l’homme est malade de lui-même… Déconnecté de l’essentiel et d’un certain rapport spirituel à la vie…

 De la montée de la violence aux crises économiques, en passant par l’effondrement de la biodiversité, le changement climatique, les crises sanitaires, etc… Nous comprenons que nos comportements sont la source de nos maux et que l’histoire sur laquelle repose notre société n’est pas saine sur le long-terme.

Nous arrivons ainsi, qu’on le veuille ou non, au terme d’un mode de vie. L’histoire d’aujourd’hui ne tient plus et nous pousse vers un nouveau chapitre davantage sensé. Seulement, ce dernier n’est pas encore écrit et il reste très spéculatif de se prononcer sur ce qu’il sera. 

La seule chose qui semble certaine, c’est que ce nouveau paradigme qui émergent nous invite à reconnecter avec soi-même et à se libérer de nos contraintes, alors que l’institution tente davantage de renforcer celles-ci…  L’histoire que cherche à écrire l’individu et l’institution semble ainsi se dissocier. Lui a besoin d’exister en revendiquant sa souveraineté et elle, de normaliser et d’encourager la marche actuelle pour pérenniser son rôle de souverain. Pourtant, l’un comme l’autre semble pouvoir coexister… L’éducation partagée par la démarche de Laïcité Active consiste à réfléchir et à prendre conscience des moyens d’agir en faveur du mythe de demain.

Le mythe actuel a permis à l’Homme de dominer la nature et d’abimer cette dernière par une marchandisation du vivant.

Dans cet esprit de conquête, c’est également notre prochain que nous avons exploité. Ce qui se justifie lorsque nous comprenons les mécanismes à la base du mythe capitalisme qui permet à quiconque maîtrise le nouveau Dieu-Argent de repousser ses limites. Dans cette histoire que nous avons vécus collectivement depuis la révolution industrielle, l’Homme a certes progressé mais, il semble aussi avoir perdu un certain sens à sa vie… Ce qui tend aujourd’hui à redevenir le moteur de nos sociétés : trouver du sens… 

 Le mythe de demain, par le rapport spirituel que nous pouvons développer, consiste, non pas à « servir » le Dieu-Argent mais, simplement « La Vie ». Ce qui permettrait assurément de respecter autant les accords internationaux du climat, que de favoriser un plus grand respect dans la société. Voyez ainsi à quel point la Laïcité Active pourrait avoir des répercutions positives bien plus larges que le seul « vivre-ensemble », puisqu’elle s’insère dans une dynamique globale.

Ou pas.

Nous pouvons également continuer dans notre dynamique qui n’en reste pas moins rentable pour le mythe actuel. En vidant l’individu de ses repères intérieurs, nous l’avons plongé dans une quête de possessions matérielles extérieure qui ne semble pas le rendre plus heureux pour autant …

Si ce mythe dans lequel nous sommes engagés n’évolue pas, alors il se pourrait que dans un horizon moyen-long terme, il entraine des répercutions bien plus négatives que tout ce que nous avons vécus jusqu’à présent… 

 

Conclusion

 La situation est complexe à partir du moment où il est question de faire vivre-ensemble une créature aussi complexe que l’être humain.

 Cependant, il semble se dessiner aujourd’hui un scénario plus ou moins évident, qui en appelle à une laïcité Active tant la société est en pleine transformation.

Le passage de l’ère industrielle à l’ère de l’information a conduit l’individu vers une revendication de sa souveraineté alors que l’état, actuellement souverain, semble vouloir affirmer ses positions pour maintenir sa place.

Ce changement de paradigme est alimenté par plusieurs facteurs dont :

  • L’émergence d’une cyberéconomie décentralisée. Qui transmet le pouvoir au peuple là où les banques centrales constituaient le maillon fort du mythe capitaliste.
  • Le déclin de l’état suite à sa violence confiscatoire qui entre en contradiction avec la liberté revendiquée par l’individu[2].

Dans ce monde digital et cyber-économique qui vient, le nerf de la guerre devient l’idéologie ou, sur une simple idée, une entreprise acquière la force de devenir aussi puissante qu’un état. A l’image d’Apple, Amazon, Google, Facebook, Alibaba et toutes ces entreprises qui, en quelques années, ont centralisées l’ensemble des DATA de la population, pour les vendre au plus offrant.

Sans éducation spirituelle, il est possible de prédire l’avenir avec un scénario qui se déroule d’ores-et-déjà sous nos yeux :

  1. Par notre perte de repère et dans une société où les communautés ont été déconstruites, le besoin d’appartenance s’en voit renforcé. L’individu cherche ainsi des figures d’autorités et offre l’occasion à ceux en quête de souveraineté, de s’illustrer par ce que j’ai introduit dans mon précédent livre « Les 5 Actes de la vie » sous le terme de « nouveaux prophètes ». Soit, un influencer, un gourou et autre personnage médiatique qui se voit autant l’opportunité d’inspirer que de partager l’idéologie de son choix à un groupe de personnes en quête de sens.

 

  1. En jouant sur ce manque de repères et, afin de combler ce besoin d’appartenance, le marketing moderne pousse entreprises et personnalités en devenir à créer « leur communauté ».

Et alors que l’institution entend lutter contre le communautarisme, l’industrie 4.0 nous dirige droit dans un monde de micros-communautés où les réalités ne font que se superposer. Plongeant les plus fragiles dans une déconnexion au réel, alimenté par les discours de gourous digitaux qui mettent en scène leur image dans un acte de marchandisation (ce n’est plus tant les produits d’une marque que l’individu achète mais, un produit d’appartenance voir, un temps numérique avec sa figure d’autorité). L’individu reprend ainsi le business model de l’institution en vivant sur les deniers de sa communauté pour soutenir son propre train de vie…

 

L’individu sans appartenance tombe entre les mains de profiteurs qui lui offrent un semblant de sens. Heureux d’être possédé par la pensée d’un autre jusqu’à ce qu’il réalise qu’il ne s’appartient plus, en dehors du cadre à penser des gourous qu’il suit… 

 

  1. Aujourd’hui, nous le voyons avec l’explosion de l’entrepreneuriat, qui n’est autre qu’un moyen d’émancipation au joug d’un système qui ne reconnait pas forcément l’individu tel qu’il en aurait besoin. Des jeunes cherchent la richesse matérielle ou immatérielle pour s’accomplir. Chose qu’ils pensent ne pas pouvoir trouver dans un métier salarié et sous-qualifié. Alors, les rêves se mêlent aux désirs de souveraineté et renforce le mythe où l’individu entend « prendre la place de l’état » … Par le vide spirituel et le manque de repères intérieurs, l’individu cherche ainsi à atteindre l’idéal de la société marchande soit, devenir un souverain…  De son côté, la personne au potentiel spirituel développé cherchera sans doute un environnement plus sensé que ce monde dont elle peut avoir du mal à comprendre le sens… Quitte à devenir ce que l’on observe émerger : un entrepreneur spirituel…

     

    En bref, dans ce chaos autant civilisationnel qu’individuel, c’est des milliers de religions et d’idéologies qui fermantes sous la gouverne de « nouveaux prophètes » qui ont plus de facilités à dire ce qu’il faut faire, qu’à faire ce qu’ils disent…

     Ce phénomène dont nous parlons est autant susceptible d’agir en faveur d’un éveil que de permettre à des radicaux de « retourner la tête » d’une jeunesse en quête de repères.

    Pour lutter contre cela, il semble que l’institution ai un rôle majeur à jouer : mettre du sens dans la vie de chacun en réinvestissant la dimension spirituelle.

    Alors qu’elle laisse à la famille (parfois elle-même spirituellement aliénée), la charge d’une transmission idéologique qui donne un sens à la vie de l’enfant, elle pourrait ainsi transmettre une éducation spirituelle en accord avec son principe de laïcité puisque la spiritualité est avant tout, une affaire de connaissance de soi.

     Pour obtenir une vue d’ensemble de la Laïcité Active et des outils que nous partageons, procurez-vous l’ouvrage sur le sujet (disponible en Octobre 2021).

     Pour vous former à la plus grande évolution éducative depuis 1905, découvrez notre plaquette de formation :

    https://drive.google.com/file/d/1mS-RGJt-kbcd5gp03wgSxuwACVR8chzF/view?usp=sharing

     

     

    Des vidéos pour continuer le sujet…

    Présentation d’un outil de Laïcité Active utilisé en lycée et CFA :

    Réflexion sur l’impact de la laïcité sur l’extrémisme :

     [1] La laïcité républicaine : une identité française en question 1870-2005, Jean Garrigue

    [2] Idem

    [3] Les âmes errantes, Tobie Nathan

    [4] Idem P 35

    [5] Idem.

    [6] Idem